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Référence

La cotation split

Les cotations ski décrivent la pente, l’exposition, la technicité de la descente. Elles ne disent rien des trois choses qui peuvent transformer ta sortie en galère quand tu es en splitboard : le portage, les transitions et les replats. La cotation split note ces trois axes de 1 à 4, pour que tu saches à quoi t’attendre avant de coller les peaux.

Pourquoi une cotation spécifique au splitboard ?

Deux itinéraires cotés 2.1 sur l’échelle toponeige peuvent être radicalement différents en split : l’un descend d’un trait jusqu’au parking, l’autre finit par trois kilomètres de faux plat où les skieurs glissent pendant que tu pousses. Un topo peut annoncer une « approche facile » qui cache quarante-cinq minutes de portage, ou une boucle magnifique qui impose de repeauter deux fois.

Aucune échelle existante ne mesure ces réalités-là. La cotation split comble ce manque : elle ne remplace pas la cotation ski — elle la complète avec les trois informations que tout splitboardeur cherche entre les lignes d’un topo.

Comment la lire

Une cotation split se lit en trois lettres et trois chiffres, par exemple :

SplitP2T1R3

  • P2 — un portage court au départ ou à la sortie, planche sur le sac sans difficulté ;
  • T1 — une montée, une descente, un seul dépeautage ;
  • R3 — des faux plats marqués à la descente, prévois de pousser.

1 veut toujours dire « négligeable », 4 veut toujours dire « déterminant dans le choix de la sortie ». Les trois axes sont indépendants : un itinéraire peut être P1 T1 R4 — aucun portage, aucune transition imposée, et pourtant l’enfer au retour.

PPortage

Combien de temps la planche passe-t-elle sur le sac ?

NiveauEn un motCritères
P1Jamais déchausséChaussage au point de départ (ou à moins de 5 minutes), aucune section à pied sur l’itinéraire en conditions normales d’enneigement.
P2Portage courtMoins de 15 minutes ou 100 m de dénivelé à pied, sur sentier ou piste sans difficulté : départ déneigé, sortie de forêt, courte crête débonnaire.
P3Portage marqué15 à 45 minutes de portage, ou passage nécessitant les crampons (couloir à remonter, arête facile). Le portage fait partie de l’itinéraire, pas d’un aléa de saison.
P4Portage long ou techniquePlus de 45 minutes, terrain raide ou exposé, crampons et piolet indispensables. La planche sur le sac devient un vrai facteur : prise au vent, équilibre, désescalade.

TTransitions

Combien de changements de mode (peaux ↔ ride) le terrain impose-t-il ?

NiveauEn un motCritères
T1Une montée, une descenteUn seul dépeautage au sommet, aucun repeautage imposé. Le déroulé le plus simple possible.
T2Une basculeUn repeautage ponctuel imposé par le terrain : col à franchir, courte remontée au retour. Trois à quatre changements de mode au total.
T3Alternances répétéesDeux ou trois repeautages imposés : enchaînement de combes, boucle à cols multiples. La gestion des transitions pèse sur l’horaire.
T4Terrain en dents de scieQuatre repeautages ou plus, ou des transitions en terrain délicat (pente raide, vent, exposition). L’itinéraire se gagne ou se perd sur les transitions.

RReplats & relances

La descente se ride-t-elle d’un trait, ou faut-il pousser ?

NiveauEn un motCritères
R1Descente fluidePente continue du sommet au point de départ : jamais besoin de pousser, de déchausser ni de repeauter à la descente.
R2Quelques relancesUn ou deux replats courts qui passent avec de l’élan et un peu d’anticipation. Quelques poussées possibles, mais brèves.
R3Faux plats marquésPlusieurs sections plates ou longues traversées : pas de patineur obligatoire, déchaussage ponctuel possible. Le skieur ne s’en rend pas compte, toi si.
R4L’enfer du snowboardeurLongs faux plats, portions montantes à la descente, repeautage de retour quasi obligatoire. Vallon de sortie interminable : à connaître avant de s’engager.

Comment on attribue une cotation

  • On cote l’itinéraire nominal décrit dans le topo, pour des conditions normales d’enneigement en cœur de saison. Un portage de début ou de fin de saison ne fait pas monter le P — il est signalé dans le commentaire du topo.
  • Chaque axe se cote indépendamment, au niveau le plus haut atteint sur l’itinéraire. Un seul passage R3 suffit à coter R3, même si le reste de la descente est fluide.
  • Un repeautage au retour compte deux fois : il augmente le T (une transition de plus) et dégrade le R (la descente n’est plus fluide). C’est voulu : c’est doublement pénible.
  • Les cotations s’appuient sur les données du topo, les sorties documentées (skitour, camptocamp) et le terrain quand on a pu y aller. Elles sont revues quand les retours de pratiquants les contredisent.

Tu as fait un de nos topos et la cotation split te semble fausse ? Dis-le nous : cette échelle vit des retours du terrain.

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